Depuis plus de deux décennies, la région des Grands Lacs est meurtrie par les exactions de Lord’s Resistance Army (LRA) de Joseph Kony, tristement célèbre pour ses massacres, ses viols et ses enlèvements massifs. Face à cette tragédie, Actions pour la Promotion Rurale (APRu), une ONG congolaise engagée depuis vingt-cinq ans pour la paix et les droits humains, redouble aujourd’hui d’efforts afin de ramener l’espoir au sein des communautés affectées.

En effet, dès 2005, l’ONG APRuavait entrepris un suivi minutieux de la présence de la LRA en République Démocratique du Congo, après son infiltration par Mamur, en chefferie des Kakwa Ima, territoire de Faradje. Les horreurs vécues lors des massacres de Noël de décembre 2008, où des milliers de Congolais furent assassinés, des villages incendiés et des enfants enlevés, restent profondément ancrées dans la mémoire collective.

Cependant, grâce à un processus initié en 2017 avec les autorités congolaises, les chefs coutumiers et la société civile, plus de 200 combattants avaient été démobilisés en République Centrafricaine, dont 64 enfants congolais libérés. Malheureusement, faute de financement, ce mécanisme de désarmement, démobilisation, rapatriement, réintégration et réinstallation (DDRRR) avait été suspendu.

Or, depuis mars 2025, une lueur d’espoir renaît. Avec l’appui financier de l’ONG japonaise Terra Renaissance et en collaboration avec le gouvernement centrafricain, l’ONG APRu a pu relancer le processus. Déjà, une cinquantaine de nouvelles défections, essentiellement des enfants enlevés dans le Haut-Uele et Bas-Uélé ainsi qu’en RCA, ont été enregistrées. Selon les informations recueillies, Joseph Kony ne disposerait plus que de peu d’éléments, et de nombreux combattants souhaitent se rendre.

Toutefois, un défi majeur persiste : le rapatriement et la réinsertion socio-économique de ces ex-combattants et de leurs dépendants. Plus de deux cents personnes attendent aujourd’hui un accompagnement concret afin de retrouver leur dignité et reconstruire leur avenir. L’ONG APRu en appelle donc à l’implication urgente du gouvernement congolais, des autorités provinciales et des partenaires techniques et financiers. L’intégration des provinces du Haut-Uele et Bas-Uele dans le programme national de PDDRCS apparaît, dès lors, comme une nécessité incontournable pour garantir une réinsertion durable et éviter toute rechute de l’insécurité.

Ainsi, au-delà d’un simple programme humanitaire, il s’agit d’un véritable appel à la conscience nationale et internationale : restaurer la paix, protéger l’avenir des enfants et réhabiliter deux provinces longtemps sacrifiées aux violences de la guerre.

Par Yesulema Kodrawa Cyrille

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