Les populations des localités d’Abinva, de Tanzi et des villages environnants viennent d’annoncer l’interdiction du passage des véhicules de l’entreprise minière Kibali Gold Mine dès ce mercredi 21 octobre 2026 à 10h. Elles dénoncent l’absence de réparations effectives après l’accident du 19 septembre 2026 qui avait occasionné le déversement de la chaux vive dans la rivière Tanzi, en groupement Ambarau, chefferie de Logo-Doka, territoire de Faradje et interpellent les autorités provinciales du Haut-Uele.
Depuis cet incident, les habitants font état de plusieurs personnes tombées malades et hospitalisées, de motopompes utilisées par les orpailleurs endommagées ainsi que de poissons et d’autres organismes aquatiques retrouvés morts. Des conséquences rapportées par les communautés qui, à ce jour, réclament une prise en charge effective des victimes et une indemnisation à la hauteur des préjudices subis.
« Aucun véhicule de Kibali Gold Mining ne passera sans la réparation des dégâts commis sur la rivière Tanzi », préviennent les communautés, déterminées à maintenir leur pression jusqu’à l’obtention de réponses concrètes. Pour elles, il est inadmissible que les activités de transport de l’entreprise Kibali Gold Mine se poursuivent normalement alors que les populations affectées attendent toujours des mesures tangibles de réparation.
Dans une déclaration, Agare Tandele Louis-Paul, président des Ligues de jeunes du groupement Ambarau, hausse le ton et appelle Kibali Gold Mining à assumer ses responsabilités avant que la situation ne dégénère. Il interpelle également le gouvernement provincial du Haut-Uele, auquel il demande de veiller à l’exécution effective des engagements pris lors de la rencontre organisée à Durba, dans le territoire de Watsa entre l’entreprise, la délégation provinciale, le Comité local de sécurité, les organisations de la société civile et les représentants des jeunes.
La Société civile forces vives, sous-coordination d’Abinva, exige, pour sa part, une réparation intégrale des préjudices. Ses revendications portent notamment sur la prise en charge médicale des personnes affectées, le remboursement des frais de soins, la réparation ou le remplacement des motopompes endommagées, l’indemnisation des pertes économiques et la publication des conclusions de l’enquête effectuée par la délégation provinciale. Elle réclame également un plan d’action assorti d’échéances précises, ainsi que des engagements écrits, vérifiables et effectivement exécutés.
Le silence dénoncé par les communautés après les investigations menées par l’équipe du gouvernement provincial ne fait qu’attiser leur méfiance. Les habitants réclament la communication des conclusions de l’enquête, l’établissement des responsabilités et un calendrier précis de réparation.
La mobilisation annoncée constitue un avertissement sérieux : les communautés ne veulent plus de promesses sans lendemain, mais des actes mesurables. La réponse des autorités et de l’entreprise sera déterminante pour éviter l’aggravation de cette crise, rétablir la confiance et garantir que les populations affectées obtiennent réparation.
Par Cyrille Yesulema

