Depuis plusieurs semaines, une tension monétaire inhabituelle perturbe le centre commercial d’Ariwara, dans la chefferie de Zaki, territoire d’Aru, en province de l’Ituri. En effet, le franc congolais (CDF), pourtant monnaie officielle de la République démocratique du Congo, se fait de plus en plus rare dans les transactions quotidiennes. Cette situation préoccupante affecte aussi bien les commerçants que les cambistes et suscite de vives inquiétudes quant à ses conséquences économiques à court et moyen terme.
D’emblée, un constat s’impose sur le marché central d’Ariwara : les échanges commerciaux se font désormais majoritairement en shilling ougandais et en dollar américain. De nombreux vendeurs interrogés par Faradjenews.net affirment que l’utilisation du franc congolais est devenue exceptionnelle, voire quasi impossible. Même auprès des cambistes, l’accès au CDF s’avère difficile, renforçant ainsi le sentiment d’une véritable pénurie monétaire.
Par conséquent, cette domination des devises étrangères crée un profond déséquilibre dans les échanges commerciaux. Elle favorise, en outre, la spéculation autour des taux de change et entretient une incertitude permanente sur la valeur réelle du franc congolais à Ariwara. Cette instabilité fragilise davantage une économie locale déjà fortement influencée par les échanges transfrontaliers.
Interrogé à ce sujet, Zego Ayezema, président des cambistes du territoire d’Aru, tire la sonnette d’alarme. Selon lui, cette rareté du CDF s’explique principalement par le décalage significatif entre les taux de change bancaires et ceux pratiqués sur le marché local. Il précise que le taux officiel fixé entre 2190 et 2200 francs congolais pour un dollar américain « ne reflète aucunement la réalité économique d’Ariwara ». De ce fait, les opérateurs économiques préfèrent se tourner vers des devises jugées plus stables et plus accessibles.
Ainsi, cette incohérence persistante entre le système bancaire formel et les réalités du terrain encourage la spéculation, décourage la circulation du franc congolais et affaiblit la confiance envers la monnaie nationale. À terme, cette situation pourrait engendrer des conséquences graves, notamment une hausse généralisée des prix des produits de première nécessité, une baisse sensible du pouvoir d’achat des ménages, une dépendance accrue aux monnaies étrangères et, surtout, un risque réel d’instabilité économique dans cette zone à forte activité commerciale.
D’ailleurs, plusieurs commerçants redoutent que, sans intervention urgente, le franc congolais perde toute crédibilité au niveau local, compromettant ainsi la souveraineté monétaire et la régulation des échanges.
Face à cette situation alarmante, les cambistes et les opérateurs économiques appellent avec insistance les autorités locales et provinciales à prendre des mesures rapides et adaptées. Il s’agit, notamment, d’harmoniser les taux de change, de rapprocher les politiques bancaires des réalités du terrain et de restaurer la confiance de la population dans la monnaie nationale.
En définitive, la crise monétaire observée à Ariwara constitue un signal d’alerte fort. Elle exige une réponse concertée et urgente afin de préserver la stabilité économique locale et de protéger une population déjà fragilisée par la conjoncture actuelle.
Par James Metalor Ayile

